1431

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Remarque d’ordre général sur le calendrier

 

   A l’époque de Jehanne d’Arc, la nouvelle année commençait le jour de Pâques. En 1431, le dimanche de Pâques étant le 1er avril, la nouvelle année s’ouvrait à cette date.

 

   Par mesure de simplification, le millésime des années des différents calendriers présentés sur le site, retient le 1° janvier comme début de l’année. Ce nouveau style a été adopté en France en 1564 par l’édit de Roussillon. A noter que, dès l’an 532, le pape Libère avait fixé au 1° janvier le commencement de l’année. Ce mois était en effet le plus proche du 25 décembre.

 

  

Janvier 1431

 

   Mercredi 3 janvier : Réunion du Grand Conseil d’Angleterre, dont Cauchon fait parti, pour la préparation du procès de Jehanne.

 

   Samedi 6 janvier, Jehanne a 19 ans.

 

   Mardi 9 janvier, Cauchon convoque à la Maison du Conseil Royal, proche du Château, quelques conseillers. Sont nommés successivement le promoteur du procès, Jean d’Estivet, chanoine des églises de Bayeux et de Beauvais, les notaires, Guillaume Colles et Guillaume Manchon, prêtres du diocèse de Rouen, le conseiller des témoins, Jean de la Fontaine, l’huissier, Jean Massieu, curé doyen de Rouen.

 

   Mardi 16 janvier, les maîtres en droit canon et civil arrêtent les 12 articles, chefs d’accusation du procès.

 

   Mercredi 31 janvier : mort du duc de Lorraine. Son gendre, René, duc d’Anjou, lui succède et devient duc de Lorraine. René d’Anjou est le beau-frère de Charles VII.

 

Février 1431

 

   Vendredi 2 février, l’Université de Paris, sur demande de Cauchon transmise par son neveu Jean de Rinel, désigne six maîtres célèbres pour la représenter au tribunal de Rouen : Thomas de Courcelles, Nicolas Midi, Jacques de Touraine, Jean de Rouel, Pierre Maurice et Gérard Feuillet.

 

   Mardi 13 février, Cauchon réunit ses assesseurs. Sont présents : Gilles (abbé bénédictin de Fécamp), Jean Beaupère (chanoine de Rouen), Jacques de Touraine (franciscain, maître-régent de l’Université de Paris), Nicolas Midi (licencié en théologie), Pierre Maurice (licencié en théologie), Gérard Feuillet (franciscain, maître en théologie), Thomas de Courcelles (bachelier en théologie et recteur de l’Université de Paris), Nicolas de Venderès (chanoine de Rouen), Guillaume Haiton, Nicolas Couppequesne (bachelier en théologie), Nicolas Loiseleur (chanoine de Rouen).

   Sont nommés pour le procès : Jean d’Estivet (promoteur), Jean de la Fontaine (commissaire), Guillaume Manchon et Guillaume Boisguillaume (notaires), ainsi que Jean Massieu (huissier). Pour ces fonctions, ils prêtent serment.

 

   Du mercredi 14 février (mercredi des Cendres et début du Carême) au samedi 17 février, Jean de la Fontaine et les notaires procèdent à l’information préalable qui est remise à Cauchon, le soir du 17 février.

 

   Dimanche 18 février, premier dimanche de Carême, « dimanche des Bures ». Jehanne se rappelle son départ de Vaucouleurs, il y a deux ans.

 

   Lundi 19 février, Cauchon réunit ses conseillers et leur fait part des conclusions de l’information préalable : il y a lieu de poursuivre l’accusée en matière de foi. La présence de l’inquisiteur est donc requise. Le grand inquisiteur de France, le dominicain Jean Graverant ayant refusé de participer au procès, Jean Le Maître, prieur des dominicains de Rouen et vice-inquisiteur, est invité à se joindre au procès.

 

   Mardi 20 février, Cauchon donne ordre à l’huissier Jean Massieu de citer Jehanne à comparaître le lendemain. Jehanne demande d’entendre la messe auparavant. Cauchon refuse.

   Ce même jour, le pape Martin V décède.

 

   Mercredi 21 février, la première session publique et inaugurale du procès s’ouvre en la chapelle royale du château. Cauchon préside, entouré de 42 juges et assesseurs ( abbés, chanoines, religieux, docteurs en théologie … ), des deux notaires Manchon et Boisguillaume, chargés d’enregistrer le procès, et de deux ou trois secrétaires du roi d’Angleterre. Le notaire Guillaume Manchon proteste contre le tumulte et le désordre qui couvrent la voix de l’accusée : il ne peut enregistrer ses réponses.

   Les interrogatoires ont généralement lieu le matin de 8 heures à 11 heures, environ.

 

   Jeudi 22 février, la deuxième session publique s’ouvre en la salle du Parement du château de Rouen, afin éviter, dans la chapelle, le tapage de la veille. Cauchon est entouré de 48 assesseurs et juges.

 

   Samedi 24 février, à la troisième session publique, dans la salle du Parement, le brouhaha est à son comble. Cauchon a convoqué 62 assesseurs.

   Cauchon demande à Maître Jean Lohier, éminent juriste, son avis sur les pièces du procès. Les conclusions de Maître Lohier, rendues le même jour, sont très sévères en raison des nombreuses irrégularités qu’il a relevées. Jean Lohier, menacé par Cauchon s’enfuit à Rome. Il y assumera la charge de Recteur de la Rote. A cette époque, la Rote romaine est un tribunal chargé d’assister le pape pour juger les affaires portées devant lui.

   Jehanne tombe malade après avoir mangé une alose envoyée par Cauchon.

 

   Dimanche 25 février, Jehanne est soignée par les médecins du roi, conduits par le promoteur du procès Jean d’Estivet qui insulte Jehanne.

 

   Mardi 27 février, la quatrième session publique réunit 54 assesseurs autour de Cauchon : parmi ces assesseurs un nouveau venu, Nicolas Loiseleur. Il réussira à gagner la confiance de Jehanne pour mieux la trahir.

 

Mars 1431

 

   Jeudi 1er mars, la cinquième session publique réunit 56 assesseurs autour de Cauchon.

 

   Samedi 3 mars, 40 assesseurs sont réunis à la sixième session publique.

 

   Dimanche 4 mars, Cauchon convoque plusieurs assesseurs en sa maison. Il est décidé que Jehanne sera interrogée dans sa prison afin d’éviter les séances publiques souvent houleuses. Jean de la Fontaine est chargé de procéder aux interrogatoires.

 

   Du samedi 10 mars au samedi 17 mars, Jehanne est interrogée dans sa prison par Jean de la Fontaine assisté d’assesseurs qui ont la confiance de Cauchon. Un réduit attenant à la prison de Jehanne et pourvu d’un judas permet aux greffiers et à Nicolas Loyseleur de suivre en secret les interrogatoires.

   A partir du 13 mars, sur l’insistance de Cauchon, le vice-inquisiteur Jean le Maistre se résigne à siéger.

 

   Dimanche de la Passion 18 mars, Cauchon réunit chez lui Jean le Maistre, vice-inquisiteur, et 12 assesseurs. Il est décidé de rédiger un libelle rassemblant les articles d’accusation qui seront présentés par le promoteur Jean d’Estivet, à l’ouverture du procès ordinaire.

 

   Samedi 24 mars, le procès-verbal des interrogatoires est lu à Jehanne, dans sa prison.

 

   Dimanche des Rameaux 25 mars, Cauchon se rend dans la prison de Jehanne. Il l’exhorte à reprendre l’habit de femme. En échange elle pourra entendre la messe. Jehanne répond qu’elle doit en avoir l’autorisation de ses voix.

 

   Mardi 27 mars et mercredi 28 mars : ouverture du procès ordinaire dans la grande salle du château de Rouen en présence de Cauchon entouré du vice-inquisiteur Jean le Maistre et de 39 assesseurs.

   Les 70 articles du libelle de Jean d’Estivet sont lus à Jehanne.

 

   Samedi 31 mars, Jehanne est à nouveau interrogée dans sa prison sur son obéissance à l’Eglise.

 

Avril 1431

 

   Dimanche 1er avril, dimanche de Pâques, l’évêque Cauchon refuse la communion à Jehanne.

 

   Lundi 2 avril, Cauchon entreprend avec quelques assesseurs la relecture des 70 articles d’accusation du libelle de Jean d’Estivet et les réponses de Jehanne. Le dossier est jugé confus et peu probant. Il est décidé d’en faire un résumé plus clair. Les docteurs se mettent à l’ouvrage sous la direction de Nicolas Midi.

 

   Mercredi 4 avril, un nouveau document en 12 articles est adopté. Il est centré sur le port de l’habit d’homme et le refus de la soumission à l’Eglise.

 

   Jeudi 5 avril, les 12 articles d’accusation sont envoyés pour avis à l’officialité et au chapitre de Rouen ainsi qu’à une quarantaine de personnalités dont les évêques de Coutances et de Lisieux, les abbés de Fécamp, de Jumièges, de Cormeilles et de Mortemer.

 

   Lundi 9 avril, Cauchon consulte les docteurs de Rouen sur les 12 articles. Leur avis est mitigé et prudent.

 

   Vendredi 13 avril, Jehanne tombe malade.

 

   Lundi 16 avril, les médecins sont au chevet de Jehanne.

 

   Mercredi 18 avril, Cauchon se rend auprès de Jehanne en compagnie de sept docteurs et lui demande de se soumettre à l’Eglise. Jehanne réclame la possibilité de se confesser et de communier. Cauchon répond qu’il ne peut lui accorder les sacrements, à l’exception de la pénitence, si elle ne se soumet pas à l’Eglise militante,

 

   Mercredi 25 avril, saint Marc, Jehanne est rétablie.

 

   Jeudi 26 avril, Cauchon envoie le procès pour avis à l’Université de Paris.

 

   Dimanche 29 avril, l’Université de Paris se réunit sous la direction de son recteur Pierre de Gouda pour délibérer sur les douze articles d’accusation.

 

Mai 1431

 

   Mercredi 2 mai, Cauchon et Jean Le Maitre convoquent le tribunal : 67 assesseurs sont présents. Les 12 articles résumés en 6 sont lus à Jehanne après une longue exhortation. Sommée de se soumettre à l’Eglise militante. Jehanne en appelle au Pape.

 

   Jeudi 3 mai : visite de l’archange Gabriel.

 

   Mercredi 9 mai, Jehanne est amenée dans la salle de torture du château en présence de Cauchon. Jehanne maintient ses dires. La torture ne lui est pas appliquée.

 

   Jeudi 10 mai : fête de l’Ascension

 

   Samedi 12 mai, Cauchon réunit 12 assesseurs et leur demande de soumettre Jehanne à la torture. L’avis est négatif.

 

   Lundi 14 mai, l’Université de Paris rend son avis sur les 12 articles : Jeanne est schismatique, apostate et hérétique. Si elle s’obstine, elle doit être abandonnée au bras séculier.

 

   Vendredi 18 mai, la réponse de l’Université parvient à Rouen.

 

   Samedi 19 mai, Cauchon réunit 51 assesseurs dans la chapelle du Palais pour lire la réponse de l’Université. Il est décidé de faire à Jehanne une dernière exhortation pour qu’elle se soumette.

 

   Dimanche 20 mai : fête de la Pentecôte

 

   Mercredi 23 mai, les 12 articles sont lus à Jehanne qui confirme tout ce qu’elle a dit durant le procès. Elle est assignée à entendre le jugement, le lendemain, au cimetière de Saint-Ouen.

 

   Jeudi 24 mai, Jean Beaupère vient visiter Jehanne dans sa prison. Il lui annonce son supplice, sauf si elle s’en remet au tribunal ecclésiastique pour juger de ses faits et dits et si elle abandonne son habit d’homme.

Au cimetière de Saint-Ouen Jehanne, Jehanne, exhortée de se soumettre au jugement de l’Eglise, en appelle au Pape.

 

Jehanne n’abjure pas et ne renie pas ses voix

 

   Ramenée dans sa prison, Jehanne est revêtue de force d’habits de femme. Cauchon considère que c’est le signe de son « abjuration » et de sa soumission à l’Eglise.

 

   Dimanche 27 mai, Jehanne reprend ses habits d’homme pour se protéger des violences des soldats anglais. Cauchon fait constater ce fait par notaires ce qui lui permet d’engager contre Jehanne le procès de « relapse ».

 

   Lundi 28 mai, Cauchon, accompagné d’assesseurs, interroge Jehanne dans sa prison et essaye sans résultat de la confondre.

 

   Mardi 29 mai, Cauchon réunit 41 assesseurs pour un dernier conseil qui doit décider si Jehanne, en reprenant son habit d’homme, est relapse et si doit être condamnée comme hérétique et brûlée.

Ce dernier conseil, conscient de ce nouveau subterfuge ménagé par Cauchon, refuse, par 39 voix sur 42, la condamnation de Jehanne, sans nouvelle information.

Considérant que ce conseil n’a formulé qu’un avis, Cauchon décide de condamner Jehanne et la cite à comparaître le lendemain place du Vieux Marché.

 

   Mercredi 30 mai, vigile de la Fête-Dieu, Jehanne se confesse dans sa prison.

Cauchon survient et lui reproche de ne pas s’être soumise à l’Eglise. Jehanne lui répond : « Evêque, je meurs par vous ». Cauchon donne l’autorisation de donner la communion à Jehanne.

Jehanne se confesse une deuxième fois et communie.

Vers 9 heures, elle est amenée place du Vieux Marché. Cauchon la déclare relapse et hérétique et la remet aux Anglais pour être brûlée.

 

   Jeudi 31 mai, Fête-Dieu et fête de Notre Dame de Bermont